I’m like a bird.
Parfois on dit des choses, comme ça, sur le moment parce que le contexte s’y prête. Et puis les mois passent, on pense à autre chose et on oublie. C’était pas encore la fin de l’année que je leurs disais déjà ” Je reviendrai vous voir l’année prochaine “
On y croit, on y croit pas ou plus.
Ceux qui on envie de revenir reviennent. Moi, je suis revenue et j’ai vu.
Je l’ai d’abord vu, elle. Porte entrebâillée avec juste le visage qui dépasse. La salle se vida, elle posa son stylo, releva la tête.
Croisements de regards.Étincelles et feux d’artifices.
Sourires malicieux, yeux plissés, mêmes odeurs qui flottent au dessus de nos têtes … Ô joie! Rien n’a changé.
Et j’ai repris mon petit tour. Puis je me suis assise sur la murette à l’ombre d’un tilleul et j’ai lu. L’air avait l’odeur des souvenirs…ça sentait bon, très bon même. Et le bruit d’une porte qui claque m’a tiré de mes rêveries. Une paire de jambe descendait les marches deux à deux.
Les feuilles occultaient mon champs de vision mais je reconnu son allure. C’était lui, là-bas qui regardait par terre, tête à moitié baissée. Un instant j’ai cru qu’il ne relèverait pas une seconde sa tête, qu’il allait continuer tout droit sans m’apercevoir, filer et me passer sous le nez. Il a fini par la relever, sa tête. Et pile dans ma direction, en plus.
Sourcils froncés … “euh, c’est elle? Attends, t’es sûre que c’est elle, là-bas? ” OUI, l’autre assise sur la murette qui te regarde avec insistance, OUI, C’EST BIEN ELLE. NON TU NE RÊVES PAS !!
Sourcils défroncés, sourire.
Le voilà qui s’approche de moi. Deux frottements de joues et quelques minutes de son temps comme cadeau. Les yeux rivés sur lui, je l’écoute et sens mon regard se noyer dans les plis de son visage.
- Je dois m’en aller, là…
Je refais surface. Ouf! sauvée de la noyade, juste à temps. Je le vois qui s’éloigne se transformant à nouveau en paire de jambe sans corps ni tête.
Petit signe de la main derrière la fenêtre de la voiture.
Puis plus rien.
Le petit point rouge avait disparu de l’horizon.
Et j’ai disparu à mon tour. Je suis repartie et les revoir m’a comme apaisée. Telle une plume qui vogue dans l’air, qui vole et virevolte, je remplis mes poumons, aère mon esprit et mes idées prennent de la hauteur. Je me sens fluette, aérienne. Et ça faisait si longtemps que ça ne m’était pas arrivée…tellement longtemps qu’il fallait que je l’écrive quelque part pour me souvenir qu’au moins un jour dans ma vie je me suis sentie légère.

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paris-whispering a publié ce billet