La Collectionneuse.
Assise en tailleur dans mon fauteuil, une tasse de thé brûlante à la main, de ma fenêtre j’observe. J’observe la fumée sortir des cheminées, le ciel gris et quatre oiseaux danser en l’air. Mon regard pénètre les nuages et à force je finis par ne plus les voir alors je ferme les yeux; Charlotte Gainsbourg m’accompagne en me récitant quelques vers d’Apollinaire:
J’ai cueillis ce brin de bruyère / L’automne est morte souviens-t-en / Nous ne nous verrons plus sur terre / Odeur du temps brin de bruyère / Et souviens-toi que je t’attends.
J’ai eu le courage de regarder en arrière / Les cadavres de mes jours
Que lentement passent les heures / Comme passe un enterrement / Tu pleureras l’heure où tu pleures / Qui passera trop vitement / Comme passent toutes les heures.
Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ? / Comme un guetteur mélancolique / J’observe la nuit et la mort.
Vienne la nuit sonne l’heure / Les jours s’en vont je demeure.
Je suis ailleurs et je suis déjà loin. Je ne vous entends plus. Je voyage.

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