Fougères d’hiver, est-ce un rêve ou le souvenir d’un rêve?

Un petit rayon de soleil pour illuminer la morosité de l’hiver, voilà qui réchauffe bien des coeurs. 

L’hiver est triste à la grande ville. Les arbres sont dénudés, le ciel est sans couleurs, les gens marchent la tête repliée dans leurs épaules, l’écharpe remontée jusqu’au dessous du nez. Les pavés sont froid, l’air est fade. 

Qu’il me semble être désormais loin le temps de mes hivers à la campagne. Où est-donc passée cette chaleureuse atmosphère rassurante et douillette? Elle est restée là-bas, je crois bien. Elle n’appartient qu’à se genre d’endroit, il faut croire. 

L’hiver a congelé mes sens, c’est comme si mon coeur avait arrêté de battre. Le froid glacial a égaré ma sensibilité. Je ne m’émerveille plus, je ne m’étonne plus du monde comme j’ai pu l’être. Plus grave encore, je reste indifférente. Le monde tourne autour de moi et je continue ma marche silencieuse, à part. 

L’hiver m’a donné envie d’une seule chose, me blottir sans cesse dans le cou de mon cher et tendre, à dormir et sentir la présence réconfortante de l’autre. Avoir chaud au dedans pour se consoler du froid qui ne pardonne pas au dehors. J’ai passé mon hiver sous la couette. 

Voilà, presque trois mois passé à hiberner et c’est comme si j’étais passé par un lent mais intensif essorage, vidée. Je suis vide. Et j’attends, non sans impatience, que le printemps pointe le bout de son nez et que l’inspiration jaillisse à nouveau. 


  1. paris-whispering a publié ce billet