L’inspiration ne court pas (toujours) les rues.

Plusieurs fois par semaine je m’assieds sur mon fauteuil et me pose face à cette page nue. A chaque fois que je m’attèle à écrire quelques mots ici, j’ai l’espoir un peu fou d’arriver à partager un petit bout d’émotion, un petit instant de vie. Sauf que… entre ce que je voudrais et ce qui est, il y a comme un gouffre. En effet, difficile d’attraper en plein vol un morceau de vie et d’y mettre des mots et du sens. Petit moment éphémère qui, le temps que je l’attrape, me glisse entre les mains et s’échappe déjà. Je le regarde s’en aller au loin, je le vois se faire aspirer par l’air comme une plume. Il vole, il danse sous mon nez. Se confond parmi les nuages de coton et disparaît. Il me laisse sur le bas-côté et je me retrouve sans personne à qui donner la main.


Ce bout de vie doit penser qu’il a eu la vie sauve. Il a réussi à s’échapper, à passer à travers les mailles du filet. Il a sauvé sa peau. Restera à jamais cette particule libre, sauvage et en mouvement, impossible à emprisonner par des mots, impossible à figer.

Une fois l’instant de vie envolé, que reste t-il ?

Une page blanche qui attend des personnages, des vies et des histoires qui viennent la salir, la noircir, la raturer… en vain.
Je n’ai toujours pas trouvé d’histoire qui vaille la peine d’être racontée, pas d’histoire qui tienne la route.