L’étrange histoire du lundi soir.

Ce semestre, le cours d’édition est tout particulièrement dédié à l’Histoire du Livre. Alors que nous en étions à parler, lors du précédent cour, de scriptorium, du prestige du manuscrit et de la fascination alors portée sur cet objet, le prof, pour nous montrer jusqu’à quel point cela allait, a pris l’exemple des procès d’animaux.

Grand étonnement dans la salle. Des procès d’animaux? C’est une blague, ou bien…? Jusqu’à ce lundi, je n’avais jamais entendu parler de cela. Face à notre ahurissement, le prof s’est mis en quête de nous raconter quelques anecdotes qui, croyez-moi, au Moyen-Âge, étaient loin de faire sourire.

Au Moyen-Âge (et bien encore après cette époque), a donc été mis en place les procès d’animaux. Il faut savoir que cela allait avec les mœurs de l’époque. Il y a fort longtemps, dans le but de donner la parole à d’autres personnes que les Hommes eux-mêmes, certains s’employaient à faire parler la nature, le vent etc… Tout cela était pratiqué dans l’idée qu’il fallait harmoniser les choses. D’où, en parti, les procès d’animaux.

Comment cela se déroulait-il? Ni plus ni moins comme un jugement banal. Dans l’attente d’être jugé, le prévenu était alors incarcéré en prison. Dans ces affaires étaient entendus des témoins et des procès-verbaux étaient dressés. Ces affaires faisaient également l’objet de fines investigations. Et comme tout bon procès, à la fin, la sentence tombait.

Donc, pour en revenir à l’anecdote du prof, un jour, un ver a été pris en flagrant délit en train de grignoter des pages de la Bible. Et à l’époque, on ne rigolait pas avec les textes sacrés (ni les autres d’ailleurs). Conséquence immédiate de ce délit: le ver a été envoyé en prison et s’est retrouvé devant une cour d’assise en bonne et due forme.

Tout ça pour vous dire qu’il est parfois difficile de comprendre ceux qui vivaient avant nous, vous ne trouvez pas?