Méfiez-vous du chat qui dort.
Un chat noir assoupi sur les pages d’un livre tel est l’emblème de la maison d’édition du Dilettante.
À chaque fois que j’ai tourné la porte, j’ai dû me contenter des quelques mètres carrés de la librairie, au rez-de-chaussé, des étagères poussiéreuses, des piles de livres à même le sol et d’observer le va-et-vient des quelques âmes de la maison dans l’escalier. Combien de fois suis-je passée devant cet escalier? Combien de fois ai-je rêvé gravir ces marches? D’habitude, j’en restais là.

J’avais rendez-vous en fin d’après-midi pour consulter la revue de presse relative au Dilettante pour les besoins d’un exposé. C’est accompagnée d’une amie que je suis enfin passée de l’autre côté pas plus tard qu’hier.
Les bureaux de la maison d’édition, à l’étage, sont aussi exigus que la librairie. Un palier, trois portes, de la moquette et des murs blancs. Chaleureusement accueillie par Amandine, l’attachée de presse, et une fois les présentations faites, nous nous sommes attelés à éplucher un épais classeur avec de vieux articles parlant du Dilettante.
Nous nous sommes assises à un grand bureau en bois, envahi par des couvertures cartonnées, de livres, de dépêches de l’AFP, de bons prêts à être envoyés à l’imprimeur. Entre deux feuilletages, je m’égarais. Je laissai mon esprit et mes yeux s’imprégner de l’atmosphère. En face de moi, un mur avec, tout du long, des étagères qui regroupaient des albums, des livres publiés par le Dilettante à l’étranger. Et parmi eux, beaucoup d’Anna Gavalda. À chaque fois que je rencontrais son prénom, je ne pouvais m’empêcher d’avoir un petit sourire.
Le silence était d’or. Il n’y avait guère que la sonnerie du téléphone pour venir rompre cette ambiance tranquille et studieuse, sans oublier la mélodie que chantonnait Lucia - la chef de fabrication- depuis son antre et qui parvenait jusqu’à mes oreilles.
Écumer les vieux articles de presse nous aura pris deux bonnes heures. Moi qui craignais de déranger à vouloir jouer les petites curieuses, qui avait peur d’être mal à l’aise, j’ai complètement abandonné ces pensées à l’instant même où j’ai pénétré dans la maison d’édition. À partir de cet instant, je me suis sentie à ma place. C’était tout naturel. Et bien évidemment, j’y serais bien restée plus longtemps.

(Un grand merci à Amandine, l’attachée de presse, pour sa gentillesse!)